vendredi 9 octobre 2009

Reste, 8

Moi
Reste, parce que j'ai envie de fuir, de partir loin et de t'oublier. Reste parce que je n'aurai pas la force de te croiser, encore et encore, à chaque fois que j'aurai l'impression d'avancer. Reste parce que ça ne marche pas, parce que je dois être sans toi. Reste parce que tu m'aimes, parce que je t'aime, parce que l'on mérite mieux que cette course qui nous brûlera, à petit feu. Reste, je ne veux plus de toi.

Elle
Je ne comprends plus.

Moi
Il n'y a jamais rien eu à comprendre. On aurait du vivre, simplement.

Nucléaire

J'ai peur de novembre. Je le sens arriver, avec ses zones noires, son absence de lumière. Je ne sais pas comment je pourrai y survivre, une fois de plus. J'aurai besoin d'un moteur, d'une source d'énergie. De pouvoir compter sur quelque chose.

Et elle est dans mon lit, pour la première fois. Je la regarde dormir, les poings serrés, comme une centrale nucléaire au repos. Tout ira bien, tant et aussi longtemps qu'il n'y aura aucune fissure dans le réacteur, que ses fluides toxiques n'empoisonneront pas ma faune et ma flore. Je survivrai encore une fois à Tchernobyl, mais je serai mutant, encore un peu plus.

De moins en moins humain.

samedi 26 septembre 2009

Écho

Tu ne survis pas dans ces nuits emplies d'Elles, ces nuits sans toi dans leurs bras d'Elles à rêver aux tiens.
Tu es trop loin, et ce soir mes mots sont trop faibles pour te dessiner, pour te ramener à ma mémoire.
Ses mots à Elle sont plus fort, ses mots à Elle, des mots que tu ne murmure plus qu'en écho, quand la nuit est trop froide et que ma chaleur te manque, ses mots à Elle sont plus fort.

Tu est trop loin, et je ne sais plus où je suis.

samedi 29 août 2009

Indifférence

Ce matin j'ai allumé une allumette, pour me réchauffer, pour ne pas être seul. Je l'ai regardé dormir une dernière fois. Demain je ne serai plus là.

Son corps me manquera. Sa tièdeur le soir, sa chaleur le matin. Je ne changerai pas de direction, je ne changerai pas d'idée. J'ai l'impression de m'approcher en m'éloignant d'elle. Ou de m'éloigner, simplement.

Elle dort encore dans le lit et les draps ne suffisent pas à cacher tout son corps. Je dépose mes lèvres une dernière fois sur son épaule. Elle se réveillera quand je me léverai de son lit, entre-ouvrira ses yeux. Un mot s'échappera de sa bouche.

Reste...

Je partirai. Pour mieux revenir. Parce que je l'aime.

jeudi 27 août 2009

Colorful

Et j'ai pris le rasoir qu'elle avait laissé sur le bord de la baignoire. Je n'en pouvais plus.

Le vide qui naît dans mon ventre en son absence est un monstre que je ne peux abattre seul. Ce vide n'est pas qu'un vide, et je n'ai pas la force de combattre ce qui se créer en son sein.

Le doute. La peur de douter. Est-ce que c'est la même chose?

J'ai eu envie de concret, de couleur. De sentir sa peau contre la mienne, de lire dans ses yeux que tout sera parfait, d'y croire même si le vide. J'ai regardé le rasoir, son manche rose, et j'en ai épluché les lames une à une.

Elle m'aime un peu. Beaucoup. Passionément. À la folie.

La quatrième ligne a été la bonne. Je remercie les rasoirs à quatre lames, et l'insatiable recherche de la perfection de l'homme. Sa folie se répand lentement le long de mon bras, le vide se remplit d'une lumière blanche, douce.

Tout est devenu concret, très vite. Ses couleurs mélangées aux miennes, dans le fond de l'évier.

jeudi 20 août 2009

Bientôt.

Et mes doigts effleurent les touches puisqu'ils ne peuvent caresser sa peau. Les mètres entre nous deviennent encore plus insupportables avec chaque seconde qui passe. La distance est relative, tout compte fait.

Bientôt je retraverserai les mètres, les lacs, les forêts et les heures pour la reprendre dans mes bras, pour prendre sa main et l'entendre me dire que tout va bien. Bientôt je serai calme, ma tête contre son ventre, à imaginer des battements d'un coeur que l'on n'espère pas encore.

Bientôt mes lèvres contre les siennes. Bientôt, plus qu'elle.

mercredi 19 août 2009

Elliocentrisme

Je suis toujours porté à me méfier du bonheur, surtout quand il prend la forme d'une jolie fille au yeux bleus. J'ai tendance à prendre mes jambes à mon cou, à courir en sens inverse, à m'avorter la joie. Parfois, à force de se protéger du malheur, on oublie aussi le bonheur.

Elle est entrée dans ma vie comme une pelle mécanique. En fait, le terme «entrée» est faible. En un instant elle avait pris la place du Soleil comme centre de mon système solaire. Mes amis m'ont traité de fou, mais ils ont du se rendre à l'évidence. Même sur le bûcher je défendais ma nouvelle astronomie.