Il ne me reste plus que mes mots pour caresser sa peau. Les siens m'ont écorchés.
Elle.
Je suis tombé amoureux de ses défauts avant de connaître ses qualités, avant de la voir vraiment, avant de savoir sa vérité. Elle n'est que barrages. Elle s'est endiguée derrière des murs et des murs que je ne sais pas franchir. Je suis prisonnier à l'extérieur d'Elle. Je ne comprends pas tout.
Mais ses yeux. Dans ses yeux j'ai vu des mondes que je n'osais plus espérer. Je n'avais besoin d'aucun de ses mots, d'aucun de ses baisers. Ses yeux me suffisaient. Elle ne pouvait les faire mentir, les barricader derrière sa peur, leur faire dire qu'elle n'avait pas le temps. Ses yeux, je les ai crus.
C'est pourquoi je les lui ai arrachés, avant de refermer la porte de son appartement. Avant de m'enfuir. Je n'ai pas trouvé la force de m'étendre contre son corps, de mourir moi aussi.
mardi 16 décembre 2008
Porte
J'ai cogné à sa porte, mais Elle ne m'a pas ouvert. J'ai cogné doucement, cinq petits coup, pour ne pas lui faire peur. Tout le monde me répétait qu'Elle ne tomberait pas en amour. Elle me le disait sans cesse, avec ses mots. Ses yeux me glissaient le contraire à l'oreille.
Alors je lui ai donné un trèfle à quatre feuilles, en espérant chasser ses soucis. Je savais bien qu'Elle n'avait aucune place pour moi dans ses bras, pas à ce moment là. Je pensais que plus tard Elle aurait peut-être de l'espace pour nous.
J'ai fait du mieux que j'ai pu pour ne pas cogner trop fort, pour ne pas la réveiller. Pour nous donner du temps. J'aurais du attendre au loin, attendre qu'Elle vienne me rejoindre d'elle-même. La faire courir, me faire désirer. Mais je n'ai pas eu la force de résister à ses sourires, de m'empêcher de vouloir goûter ses lèvres, de dormir dans ses bras. J'ai cru que je serait suffisant, qu'Il m'ouvrirait la porte, simplement.
J'ai cogné trop fort. Mon mot contre sa porte, huit lettres. Je n'ai pas su les retenir. Je ne les regrette pas. Elle m'a laissé entrer, quelques instants. Une dernière fois. Le lendemain, Elle s'est verrouillée à clé.
Me voilà emprisonné à l'extérieur d'Elle.
Alors je lui ai donné un trèfle à quatre feuilles, en espérant chasser ses soucis. Je savais bien qu'Elle n'avait aucune place pour moi dans ses bras, pas à ce moment là. Je pensais que plus tard Elle aurait peut-être de l'espace pour nous.
J'ai fait du mieux que j'ai pu pour ne pas cogner trop fort, pour ne pas la réveiller. Pour nous donner du temps. J'aurais du attendre au loin, attendre qu'Elle vienne me rejoindre d'elle-même. La faire courir, me faire désirer. Mais je n'ai pas eu la force de résister à ses sourires, de m'empêcher de vouloir goûter ses lèvres, de dormir dans ses bras. J'ai cru que je serait suffisant, qu'Il m'ouvrirait la porte, simplement.
J'ai cogné trop fort. Mon mot contre sa porte, huit lettres. Je n'ai pas su les retenir. Je ne les regrette pas. Elle m'a laissé entrer, quelques instants. Une dernière fois. Le lendemain, Elle s'est verrouillée à clé.
Me voilà emprisonné à l'extérieur d'Elle.
dimanche 14 décembre 2008
Pourquoi
Moi
Sans toi, que suis-je ?
Elle
Pourquoi ne serait tu pas la même personne ?
Moi
Oui, pourquoi ? C’est intéressant, pourquoi. Pourquoi es-tu partie, ces nuits où j’avais tant besoin que tu sois là, celles où j’aurais aimé que tu n’arrêtes jamais de me parler, que ne se coupe jamais le flot de syllabes qui nous unissait ?
Elle
Je ne peux pas te le dire, je ne le sais pas. Tu ne le sais pas. Comment pourrais-je savoir ? Invente-moi une raison.
Moi
J’ai toujours pensé que tu allais rejoindre quelqu’un d’autre, pour passer dans ses bras des moments plus faciles que dans les miens.
Elle
C’est une raison triste, il y avait peut-être autre chose.
Moi
Peut-être que je n’étais pas à la hauteur, peut-être que tu ne m’aimais plus.
Elle
Tout revient toujours à ça, et au temps qui passe. Je dois y aller.
Moi
Pourquoi ne resterait tu pas ce soir, nous pourrions écouter la télé, boire du thé, jouer à des jeux. Être tout simplement bien, quelques instants, revivre le passé.
Elle
Je ne peux pas, pas ce soir. Je ne sais pas qui je suis.
Moi
Je me cherche, moi aussi.
Sans toi, que suis-je ?
Elle
Pourquoi ne serait tu pas la même personne ?
Moi
Oui, pourquoi ? C’est intéressant, pourquoi. Pourquoi es-tu partie, ces nuits où j’avais tant besoin que tu sois là, celles où j’aurais aimé que tu n’arrêtes jamais de me parler, que ne se coupe jamais le flot de syllabes qui nous unissait ?
Elle
Je ne peux pas te le dire, je ne le sais pas. Tu ne le sais pas.
Moi
J’ai toujours pensé que tu allais rejoindre quelqu’un d’autre, pour passer dans ses bras des moments plus faciles que dans les miens.
Elle
C’est une raison triste, il y avait peut-être autre chose.
Moi
Peut-être que je n’étais pas à la hauteur, peut-être que tu ne m’aimais plus.
Elle
Tout revient toujours à ça, et au temps qui passe. Je dois y aller.
Moi
Pourquoi ne resterait tu pas ce soir, nous pourrions écouter la télé, boire du thé, jouer à des jeux. Être tout simplement bien, quelques instants, revivre le passé.
Elle
Je ne peux pas, pas ce soir. Je ne sais pas qui je suis.
Moi
Je me cherche, moi aussi.
Elle sort de scène.
Indélibile
Elle
Je n'aurais pas dû. J'ai semer une partie de moi là où tu ne pourras jamais l'enlever. Je savais très bien ce que je faisais, quand je t'ai fait miroiter ces rêves de nous qui n'auraient pu exister autrement qu'en images.
[...]
Je suis désolée.
Moi
Je t'en veux, de t'avoir jouer de moi une dernière fois. Je m'en veux surtout d'être si faible, d'avoir toujours ce bout de toi dans la peau, encré profondément. Elle devra me déconstruire pour le déloger. Me tuer, pour que je renaisse sans toi.
Elle
Je ne t'ai jamais voulu de mal.
Un temps.
Moi
Je sais. Je m'en veux, de t'avoir écoutée.
Je n'aurais pas dû. J'ai semer une partie de moi là où tu ne pourras jamais l'enlever. Je savais très bien ce que je faisais, quand je t'ai fait miroiter ces rêves de nous qui n'auraient pu exister autrement qu'en images.
[...]
Je suis désolée.
Moi
Je t'en veux, de t'avoir jouer de moi une dernière fois. Je m'en veux surtout d'être si faible, d'avoir toujours ce bout de toi dans la peau, encré profondément. Elle devra me déconstruire pour le déloger. Me tuer, pour que je renaisse sans toi.
Elle
Je ne t'ai jamais voulu de mal.
Un temps.
Moi
Je sais. Je m'en veux, de t'avoir écoutée.
dimanche 7 décembre 2008
Silence (2)
Elle
...
Moi
J'aurais envie de percer ce silence. De savoir ces mots que tu me caches, d'entendre ceux que tu ne connais pas. Simplement poser ma tête sur ton épaule, pour arrêter de penser quelques instants, me laisser tranquillement échouer contre tes côtes.
[...]
Je dépose un baiser sur ses paupières closes. Doucement. Pour ne pas qu'Elle se réveille.
...
Moi
J'aurais envie de percer ce silence. De savoir ces mots que tu me caches, d'entendre ceux que tu ne connais pas. Simplement poser ma tête sur ton épaule, pour arrêter de penser quelques instants, me laisser tranquillement échouer contre tes côtes.
[...]
Je dépose un baiser sur ses paupières closes. Doucement. Pour ne pas qu'Elle se réveille.
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